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Shalom les amis,
Si vous visitez Israël le soir du 21 mai (2011), vous aurez partout l'occasion d'observer des feux de joie encerclés principalement par des enfants chantant des chansons en langue hébraïque, participant à des jeux et faisant cuire des pommes de terre au charbon de bois. Si vous vérifiez le calendrier hébreu, vous découvrirez qu'il s'agit du soir du 18e jour du mois d'Iyar (י"ח בְּאִיָּר) appelé également Lag Ba’Omer (ל"ג בָּעוֹמֶר).
Qu'est-ce que l'omer ?
וּסְפַרְתֶּם לָכֶם, מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת, מִיּוֹם הֲבִיאֲכֶם, אֶת-עֹמֶר הַתְּנוּפָה: שֶׁבַע שַׁבָּתוֹת, תְּמִימֹת תִּהְיֶינָה. (ויקרא כ"ג, ט"ו)
Puis, vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous nous aurez offert l'ômer du balancement, sept semaines, qui doivent être entières. (Vayikra, 23:15)
A l'époque du Temple de Jérusalem, l'orge était d'abord récolté le 16e jour de Nisan (second jour de Pâque). Ce jour-là, une mesure d'omer (2,2 litres d'orge) était donnée en offrande au Temple. Dès le second jour de la Pâque juive, la Torah commandait de compter quarante-neuf jours jusqu'à la veille du jour où une gerbe de blé était amenée en offrande au Temple pour la fête de Chavouot.
Ces 49 jours représentent la période au cours de laquelle les enfants d'Israël se préparent pour le don de la Torah (מַתַּן תּוֹרָה) après qu'ils furent libérés d'Egypte. Cette période est connue sous le nom de décompte de l'omer (סְפִירַת הָעֹמֶר).
En quoi consiste la coutume du décompte de l'omer ?
Le jour et la semaine de l'omer sont précisés pour chaque jour de décompte de l'omer. Exemple :
הַיּוֹם שְׁמוֹנָה וְעֶשְׂרִים יוֹם לָעֹמֶר, שֶׁהֵם אַרְבָּעָה שָׁבוּעוֹת.
Aujourd'hui est le vingt-huitième jour, ce qui fait quatre semaines avant l'omer.
La période de décompte de l'omer est également une période de demi-deuil pendant laquelle la Halakha interdit de se couper les cheveux, de se raser, d'écouter de la musique instrumentale ou d'organiser des mariages, des fêtes et des dîners accompagnés de danse. Traditionnellement, la raison invoquée est que c'est en mémoire à l'épidémie mortelle qui tua 24.000 étudiants de Rabbi Akiva.
Que célébrons-nous le 33e jour du décompte de l'omer (ל"ג בָּעוֹמֶר) ?
Le 33e jour (ל"ג) du décompte de l'omer a lieu une fête qui n'est indiquée ni dans la Torah, ni dans la Mishna ou la Guemara. Il existe diverses versions concernant les origines de cette fête, parmi lesquelles nous en mentionnerons trois :
- Soixante-cinq ans après que le second temple ait été détruit, les Romains régnaient sur la terre de Judée. Ils interdisaient aux juifs de pratiquer leur religion, opprimaient leurs aspirations d'indépendance et leur imposaient de lourdes taxes. Le brave chef militaire Shimon Bar-Kochva (בַּר-כּוֹכְבָא) , appuyé par le chef d'inspiration spirituelle Rabbi Akiva, mena une révolte contre les Romains. Le 33e jour du décompte de l'omer constitua un tournant dans la lutte en faveur de l'armée de Bar-Kochva. L'armée de Bar-Kochva réussit à repousser l'armée romaine pendant trois ans et construisit même un état indépendant qui dura très peu de temps, jusqu'à ce qu'elle fut anéantie par une imposante légion romaine.
- Les étudiants du sage Rabbi Akiva firent preuve d'un manque de respect les uns envers les autres. Ils furent alors frappés par une terrible épidémie qui décima des milliers d'élèves. Afin de commémorer la perte tragique de ces exégètes de la Torah, les jours d'omer sont marqués comme des jours de deuil. Le trente-troisième jour de l'omer, l'épidémie prit fin et nous célébrons désormais cette journée.
- Rabbi Shimon Bar Yohaï (בַּר יוֹחַאי) était l'exégète de Rabbi Akiva qui devint le plus grand professeur de la Torah de sa génération. On impute à Bar Yohaï d'avoir rédigé le Zohar, un texte phare de la mystique juive. Selon la tradition, il se maria, devint rabbin et mourut pendant Lag Ba’Omer. Le jour de sa mort, il révéla les plus grands secrets de la Kabbale. Il demanda expressément à ses étudiants de célébrer Lag Ba’Omer.
Comment célébrons-nous Lag Ba’Omer?
En Israël, on sait que Lag BaOmer approche quand les enfants commencent à ramasser tout ce qui est fait de bois et peut être brûlé. Les feux de joie sont érigés par les enfants la veille de Lag BaOmer et sont embrasés le soir. Les enfants jouent également avec des flèches et des arcs à l'image de Bar-Kochva et ses soldats.
Pendant Lag Ba’Omer toutes les règles de deuil sont levées pour un jour - les mariages, les fêtes, écouter de la musique et se faire couper les cheveux sont habituellement programmés pour coïncider avec cette journée.
Dans la montagne Meron, le lieu de sépulture de Rabbi Shimon Bar Yohaï et de son fils Rabbi Elazar, des centaines de milliers de juifs se réunissent pour célébrer cette journée particulière avec des feux de joie, des torches, des chants et des festins, conformément au souhait de Rabbi Shimon Bar Yohaï. Certains affirment que Bar Yohaï a donné au monde une lumière spirituelle en révélant le Zohar, les feux de joie étant embrasés pour symboliser l'inspiration de son enseignement.
Les feux de joie de Lag Ba’Omer à Tel-Aviv
Photographe : Oren Pelles
ל"ג בָּעֹמֶר שָׂמֵחַ וּבָטוּחַ!
Lag Ba’Omer Sameax u’batu’ax!
Joyeux et paisible Lag BaOmer
שירה כהן-רגב
Shira Cohen-Regev
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